Le 13 août 1895, une tornade est signalée à La Hulpe, en province du Brabant Wallon, seulement trois jours après la violente tornade du 10 août 1895 qui a touché cette même région…
Ci-après, un extrait de L’Étoile Belge du 17 août 1895, conservé dans les archives de la commune de Rixensart :
« Encore une trombe dans la région de Rixensart… On nous écrit de La Hulpe, le 14 août 1895 :
Hier, mardi, vers 6h ½ [20h30 de nos jours], une seconde trombe est passée vers La Hulpe, le long de la rivière L’Argentine.
Des arbres nombreux sont ébranchés, brisés ou déracinés, des moissons, dispersées, détruites ; des toitures, arrachées. Le phénomène était accompagné d’un bruit strident et d’un roulement de tonnerre. ».
Nous avons une description très précise du temps qu’il faisait à Uccle le 13 août 1895, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de La Hulpe : le vent souffle de sud-ouest le matin, s’orientant graduellement au sud en matinée, puis revient au sud-ouest le soir. L’air est humide et frais. La température minimale, observée à l’aube, est de 12,5°C. En matinée, la température monte lentement pour atteindre 16,5°C vers midi, pour retomber quelque peu sous les premières pluies, puis remonter jusqu’à 18°C l’après-midi vers 16 heures, moment du maximum. Sous les fortes pluies de la soirée, la température redescend à 14°C.
Passage de la tornade du 13 août 1895 à La Hulpe, observée depuis le château du parc du domaine Solvay.
Illustration : Frédéric Godefroid©Belgorage.
Le temps est couvert dès le matin avec de l’altostratus, qui ne s’effiloche que très temporairement en maigres éclaircies. Des cumulus se forment rapidement en dessous de l’altostratus et s’accompagnent très vite de stratocumulus. La pluie commence à tomber vers 13 heures. Le nimbostratus pluvieux persiste jusqu’à 16 heures, avant de se désintégrer en fractus, cumulus et stratocumulus, dans lesquels se forment des cumulonimbus d’averses. De l’orage est signalé dès 17h48. En soirée, on note de très belles éclaircies, mais des éclairs sont à nouveau visibles dans le nord-ouest à 20h55.
À noter que les heures de l’époque correspondent aux heures GMT de maintenant.
Les cartes météo de l’époque font état d’un noyau principal de basses pressions au nord-ouest de l’Écosse et d’un noyau secondaire qui entre dans la Manche, ce qui fait penser à un « rat de la Manche » (ce terme désigne une petite dépression très active qui se forme ou transite par la Manche et qui est capable de se muer en tempête, même en plein été). Les fronts ne sont pas encore tracés sur les cartes de l’époque, mais on pourrait raisonnablement envisager la présence d’une perturbation frontale à mince secteur chaud traversant notre pays et suivie par une traîne très active. Les cartes du lendemain nous montrent d’ailleurs une forte circulation d’ouest avec de l’air polaire maritime indirect probablement frais en surface mais surtout très froid en altitude avec de l’instabilité. Le ciel d’Uccle du lendemain est par ailleurs décrit comme un ciel d’alternance, avec des averses qui se forment l’après-midi et qui évoluent jusqu’à l’orage le soir.
