En Belgique, le 6 août 1846 est une journée chaude. À Bruxelles, elle est même étouffante sous un ciel laiteux, avec peu de vent et une température qui ne descend pas en dessous de 20°C la nuit pour atteindre 31°C en journée. Le temps est brumeux le matin, puis voilé de cirrus et de cirrostratus. L’après-midi, le voile s’épaissit (il s’agit, en fait, de l’enclume d’un cumulonimbus) et le tonnerre se met à gronder. Peu après, les tours convectives deviennent visibles et il se met à pleuvoir fort, mais de façon irrégulière, avec souvent du tonnerre. De fortes rafales de nord-ouest sont observées vers 16 heures. Le soir, les éclaircies réapparaissent sous la forme d’une bande de ciel serein à l’horizon.
Illustration de coups de foudre au passage d’un orage, le 6 août 1846. Crédit : Frédéric Godefroid©Belgorage
Voici le récit d’Adolphe Quételet (« Sur le climat de la Belgique », 5ème partie, « Des pluies, des grêles et des neiges », 1852) :
« 6 août 1846, orages et coups de foudre précédés de fortes chaleurs à Bruxelles (31°C) et à Liège (34°C) : l’orage a été épouvantable, particulièrement dans le voisinage de cette dernière ville. À Waremme et dans les communes voisines, il régnait un véritable ouragan mêlé de grêle ; à Verviers, Dolhain et Limbourg, l’orage a sévi avec une extrême violence, mais il a été terrible surtout dans le canton de Héron, près de Huy, où le vent était tel qu’on pouvait penser au passage d’une trombe ; il est tombé des grêlons d’une grosseur si extraordinaire que quatre heure après la tourmente, on retrouvait encore, dans les campagnes, des morceaux de glace d’un volume considérable. ».

