Le 3 avril 1606, dans une journée fort venteuse, une tornade de forte intensité frappe la région de Liège. Selon les descriptions de l’époque, des arbres ainsi que des personnes ont été emportés à distance et des toitures ont été arrachées, ce qui nous laisse supposer que l’intensité ait atteint le niveau F3 sur l’échelle de Fujita.
Voici un extrait issu de la Revue Belge, édition de 1840, vol. 14, pp. 111-112 :
« Il y avait peu d’années que St-Gilles [quartier de Liège] s’était vu renaître de ses cendres, lorsque de nouveaux malheurs virent l’accabler. Le 9 du mois d’août 1604, le boursier du monastère est trouvé assassiné et percé de plusieurs coups d’une lame tranchante. Quel est l’auteur du crime ? On l’ignore ; mais le cuisinier, dont la conduite cependant avait toujours été irréprochable, est accusé du fait (…).
À ce phénomène naturel [une éclipse solaire partielle en 1605] succéda, au mois d’avril, le premier jour de Pâques, un ouragan qui ne dura que quatre heures, mais qui occasionna d’épouvantables dégâts. Du sein des nuages amoncelés sortirent des éclairs accompagnés de coups de tonnerre qui ébranlèrent le sol, et de grêlons énormes qui le ravageaient. De cette secousse sembla naître un phénomène encore plus redoutable ; une colonne d’air tourbillonnant sur elle-même, une trombe véritable formée au-dessus de Glain vint fondre sur l’abbaye de St-Gilles, en arracha les toitures et les plantations. De gros arbres et des hommes furent enlevés, jetés au loin, brisés et moulus. La trombe se rabattit ensuite sur la ville, où elle exerça également de grands ravages ; les magnifiques vitraux de la cathédrale furent mis en pièces.
Le peuple, qui aime à interpréter les volontés du ciel, ne manqua pas de dire que le malheur arrivé à St-Gilles était une punition infligée à cette abbaye pour venger la mort du cuisinier. Ce qui le confirma dans cette opinion, c’est que le véritable meurtrier, touchant à son dernier moment, confessa publiquement qu’il était l’auteur du crime, en expiation duquel il laissa toute sa fortune aux parents de l’innocent supplicié. ».

