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11/07/1882 – Tornade en région bruxelloise

    Seulement quatre jours après la précédente tornade (voir article consacré), une nouvelle tornade est observée en région bruxelloise, cette fois à Berchem-Sainte-Agathe, qui est actuellement intégrée dans les 19 communes bruxelloises.

    D’après les cartes de réanalyse, on se serait trouvé dans une circulation d’ouest avec de l’air perturbé, humide et assez frais pour la saison, avec, cependant, un noyau dépressionnaire descendant assez bas en latitude, si bien que les vents de surface se sont orientés au sud voire au sud-est dans les basses couches, pour un flux d’ouest-sud-ouest en altitude.

    Dans les mesures effectuées, on constate fortement ce basculement vers le sud-est du vent à Vlissingen, mais plus à Maastricht, ce qui fait penser à une méso-dépression de taille modeste. Le ciel est partout très nuageux à couvert, avec précipitations et des températures de 18 à 20°C (18°C à Bruxelles).

    L’été 1882 peut être considéré dans son ensemble comme très pluvieux et très frais, même s’il ne bat aucun record. Toutefois, ce mois de juillet 1882 est assez orageux.

    Voici à présent quelques extraits de presse qui relatent le passage de la tornade du 11 juillet :

    « UNE TROMBE ÉPOUVANTABLE s’est abattue mardi [11 juillet 1882] sur le village de Berchem-Sainte-Agathe, près de Bruxelles, vers six heures et demie du soir. »

    « La trombe s’est formée à quelques mètres du bâtiment de la station du village et a commencé ses ravages en coupant net plusieurs arbres de la Chaussée de Gand. Plus de cent ont fini par être abattus par cette trombe.
    Après avoir exercé pendant environ 5 minutes ses ravages sur Berchem-Sainte-Agathe, la trombe s’est dirigée vers Wemmel et Strombeek, causant de grands dégâts sur son passage. Elle a parcouru environ une lieue [lieue belge (brabançonne) = 5 km], faisant sentir ses effets sur une largeur de 100 mètres.
    Le phénomène a été précédé d’une espèce de brouillard et accompagné d’un bruit assez violent pour avoir été entendu par tous les gens des environs. On dit qu’un homme a été tué. » (La Meuse du 15/07/1882)

    « Mardi dernier [11 juillet], une véritable trombe de pluie et de vent a sévi avec violence sur une grande partie de la contrée nord-ouest de Bruxelles et a causé beaucoup de dégâts, surtout dans les communes de Berchem-Ste-Agathe, Jette-Saint-Pierre, Wemmel, Ganshoren, etc. Environ 300 arbres ont été abattus, arrachés du sol ou brisés.
    Beaucoup de curieux de la capitale et des environs se sont rendus dans ces parages pour visiter les localités éprouvées. » (L’Écho du Parlement – 14/07/1882)

    « Une trombe épouvantable s’est abattue mardi sur le village de Berchem-Ste-Agathe, vers six heures et demie du soir.
    La trombe s’est formée à quelques mètres du bâtiment de la station du village et a commencé ses ravages en coupant net en deux un arbre de la Chaussée de Gand, qu’elle a traversé en inclinant plusieurs autres arbres plantés sur l’accotement opposé. Elle prit alors une force terrible : laissant à droite une partie d’un champ de blé situé près de la gare, elle longea le ruisseau ‘le Maalbeek’, qui traverse une vaste prairie dans laquelle le phénomène a causé des ravages effrayants.
    Plus de cent arbres ont été abîmés ; les uns sont simplement déracinés et couchés sur le sol, dans des directions différentes ; d’autres sont brisés, à la base, à deux ou trois mètres de hauteur. Il y en a plusieurs qui, brisés net, vers le bas, ont été lancés à dix ou douze mètres de distance et dans des directions opposées. Un arbre a eu son écorce enlevée sur une étendue d’un mètre environ. Dans des groupes d’arbres, celui ou ceux qui occupaient le centre ont été déracinés ou brisés, tandis que les autres n’ont pas souffert.
    Du foin, qui se trouvait déposé en tas dans des prairies, a été transporté à plusieurs kilomètres de distance ; on en a retrouvé dans le sommet des arbres.
    D’après ce que nous apprenons, une seconde trombe aurait également traversé certaines communes environnant Berchem-Sainte-Agathe. » (Le Courrier de l’Escaut 16/07/1882)

    Enfin, d’autres orages violents sont également signalés les 15 et 16 juillet 1882 dans la région de Charleroi et de Bruges, avec de la grêle et de fortes rafales de vent, qui font plusieurs blessés. À Liège et Verviers, des inondations sont observées, comme dans la vallée de la Dendre.