Ce jeudi 8 octobre 2026 marque un changement de temps, avec la fin d’une période aux températures anormalement élevées pour un mois d’octobre (les 25°C ayant été dépassés). Cette période s’inscrit dans la continuité des précédentes, avec, depuis la fin mai, des températures largement excédentaires.
Ainsi, la période chaude s’est étendue sur presque 5 mois, du 22 mai au 8 octobre, avec toutefois une parenthèse plus fraiche en première décade du mois de juin, ainsi qu’en fin août/début septembre. Toutefois, cela n’a pas beaucoup joué sur les moyennes des températures, vu que les anomalies positives ont été bien plus importantes. En conséquence, nous venons de connaitre l’été le plus chaud jamais enregistré en Belgique, avec 3 vagues de chaleurs (égalant le record de 2019). Les records ont été battus aussi bien pour la température moyenne globale que pour les températures moyennes des minimales et des maximales.
Autre record remarquable, nous avons connu sur un mois glissant (entre le 17 juin et le 16 juillet) la période la plus chaude jamais enregistrée avec 23,4°C de moyenne, battant le record en place depuis 1976. Concernant l’ensoleillement, le record de 2022 n’a pas été battu, mais seulement pour 29 minutes ! De même, à 0,1°C près, une quatrième vague de chaleur aurait été enregistrée.
Et pourtant, notre pays est resté souvent en marge des plus fortes chaleurs qui ont concerné la France. À Paris par exemple, le nombre de journées à plus de 25 et 30°C est doublé par rapport à l’été historique de 2003. Autre valeur pour Bordeaux, la ville n’avait connu que 3 fois des températures de 40°C au cours des 100 dernières années. Alors qu’en 2026, ce seuil a été dépassé à 7 reprises… Avec de terribles conséquences sur l’environnement. En effet, les incendies se sont multipliés, avec une végétation qui s’est complètement desséchée. En outre, près de la moitié des petits cours d’eau se sont retrouvés à sec à travers le pays.
Chez nous, en Belgique, même si nous n’avons (heureusement) pas atteint un tel niveau, les conséquences se sont faites également sentir. Outre une végétation qui s’est parée de couleurs automnales dès le mois d’août, certains cours d’eau ont atteint un niveau presque inédit, notamment dans les bassins de l’Ourthe et de la Semois.
Etat de la végétation dans les bois à Wavre, en province du Brabant Wallon, le 29 juillet 2026. Crédit photo : François Riguelle
De plus, les incendies se sont également multipliés en deuxième partie de l’été dans notre pays, avec des feux de champs, de broussailles mais aussi de forêts comme à Wellin, Gedinne mais surtout sur le plateau des Hautes-Fagnes. En tout, ce sont plusieurs centaines de départs de feu qui ont été enregistrés par les pompiers, qui ont connu une période particulièrement compliquée.
Incendie dans les Hautes-Fagnes en province de Liège, le 17 août 2026. Plus de 3600 ha ont brûlé et il a fallu
6 jours aux pompiers pour réussir à circonscrire le feu. Crédit photo : Zone de secours Hesbaye (Facebook)
Après un mois de juin où quelques offensives orageuses importantes ont traversé le pays (16 jours d’orages), la tendance à la sécheresse s’est installée, avec un mois de juillet particulièrement sec et peu instable (seulement 5 jours d’orages) et une première quinzaine d’août qui a suivi la même tendance. Au Mont-Rigi, entre le 1er juillet et le 15 août 2026, il n’est tombé que 18,2 mm d’eau, soit moins de 10% de la normale dans cette région. Déjà en juin, l’est du pays a été épargné par les orages, qui ont surtout concerné une large bande centrale de la Belgique. Ensuite, septembre a suivi la même trajectoire que juillet et août, avec seulement 3 jours d’orages et souvent moins de 15 mm de précipitations en de nombreux endroits.
Au delà de tous ces chiffres, nous nous sommes posés la question de savoir à quel point cet été 2026 est exceptionnel, comparé à d’autres étés du passé, qui sont restés dans les mémoires. Ainsi, nous avons fait une petite étude statistique qui reprend, non seulement l’été en lui même, mais également toute la période estivale (mai et septembre compris) pour la station de référence d’Uccle. En effet, les calculs se font officiellement par mois et par saison, mais le ressenti global de la population se réalise sur l’ensemble de la période estivale. Voici, ci-dessous, le résultat (pour 1911 et 1947, il s’agit de valeurs corrigées, les mesures se faisant en abri ouvert à l’époque).
* moyennes des périodes de références entre 1961 et 2020.
Ce qui en ressort, c’est que 2026 est vraiment exceptionnel, avec une température moyenne record, mais aussi une pression atmosphérique moyenne record, ce qui démontre la prédominance anticyclonique qui nous a influencé durant cette période estivale. Autres valeurs records, le nombre de journées à plus de 35°C mais surtout le nombre de nuits tropicales (minimales au-dessus de 20°C) qui est largement supérieur aux autres années mémorables, dont 6 nuits tropicales d’affilées en fin juin, ce qui est totalement inédit !
Concernant les autres années, chacune ressort différemment, mais 2018 a été particulièrement chaude également, de même que 1947 qui était totalement hors normes pour le climat de l’époque. Enfin, ce qui dénote aussi, c’est la fréquence de plus en plus rapprochée de ces années exceptionnelles. Peut-être que dans quelques décennies, ce sera devenu des années normales dans un climat qui change actuellement très rapidement…
Pour terminer, en 2026, la sécheresse perdure et s’aggrave sur le mois d’octobre, qui reste sous tendance anticyclonique. Ainsi, l’approvisionnement en eau potable, déjà difficile dans certaines communes de l’est depuis l’été, devient préoccupante en de nombreux endroits, notamment pour Bruxelles. Les quelques rares systèmes frontaux qui parviennent à nous atteindre ne parvenant pas à fournir des quantités de précipitations suffisantes pour combler le déficit. Il reste à espérer un hiver et un printemps pluvieux.
