Le 20 mai 2006, deux tornades ont été signalées en Belgique : la première, à Moorsele, en Flandre Occidentale, non loin de Courtrai, et la deuxième, à Florée, en province de Namur. Ce jour-là a d’ailleurs été particulièrement venteux, avec des vitesses moyennes du vent de l’ordre de 30 à 35 km/h à l’intérieur des terres et jusqu’à 40 km/h au littoral, tandis que les rafales dépassaient les 75 km/h en de nombreux endroits (localement même plus de 90 km/h), tant au littoral qu’à l’intérieur des terres.
Le matin, le temps est d’abord couvert et pluvieux, sous un vent fort de sud et des stratocumulus en plusieurs couches, avec, en dessous, des nuages déchiquetés courant très vite (pannus).
Très vite, le tout se transforme en nuages d’instabilité, avec un vent tournant au sud-ouest et se renforçant encore davantage. Des cumulus se mêlent aux stratocumulus, se développent et se transforment en cumulonimbus très virulents dès le milieu de la matinée, avec orages, arcus, mammatus et fronts de rafales, suivis de pluies fortes voire de grêle.
Par la suite, le temps reste très instable une bonne partie de la journée (cumulus, cumulonimbus et altocumulus dans les éclaircies), avec d’autres averses et d’autres orages. Notamment en début d’après-midi, on assite à nouveau à des orages (cumulonimbus et mammatus) accompagnés de rafales descendantes encore plus fortes (plus de 90 km/h localement). Ces averses font chuter les températures, qui, par endroits, accusent une brusque chute de 14 à 7°C, avant de remonter à nouveau. C’est sans doute sous l’un de ces monstres nuageux qu’ont dû se former les tornades de Moorsele et de Florée.
Comme on peut le voir, l’instabilité est fort présente, ce jour-là, mais, malgré la saison avancée, cela n’a rien à voir avec une tornade typique d’été, mais plutôt à une tornade sous un orage de masse d’air froid, situation que l’on peut rencontrer n’importe quand dans l’année, même en hiver.
