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02/06/1892 – Tornade en Flandre Occidentale

    Le jeudi 2 juin 1892, une tornade frappe un hameau à proximité d’Ichtegem, en province de Flandre Occidentale, au cours d’un violent orage. Il semblerait ensuite que le tourbillon continue sa route tout en s’affaiblissant en direction de Wynendaele. Plusieurs blessés sont à déplorer.

    Mis à part cette tornade, les orages se sont également abattus avec violence, notamment dans les provinces de Flandres Occidentale et Orientale, avec de fortes précipitations (causant quelques inondations), des grêlons atteignant parfois la taille d’un oeuf de pigeon et des dégâts dus à la foudre.

    Voici, à présent, plusieurs extraits offrant une description de ces évènements :

    « Terrible ouragan à Ichtegem. Un orage a fait jeudi une véritable dévastation à Ichteghem. C’était une véritable trombe qui s’abattait sur la localité. Au hameau ‘Het Koolveld’, elle a détruit une grange et les étables appartenant au nommé Wyntein, marchand de lin et cabaretier.
    La grange de Mostrey, François, son voisin, a subi le même sort, et les tuiles des maisons s’éparpillaient dans les environs, menaçant tout le monde. Six bâtiments ont ainsi été presque complètement rasés.

    Les dégâts matériels sont très considérables. Deux personnes appartenant à la famille Wyntein ont failli être tuées.
    La fille Mélanie, âgée de 25 à 27 ans, était occupée dans les bâtiments, lorsque, tout à coup, un terrible craquement se fit entendre à côté d’elle : le toit de la grange est soulevé et les décombres couvrent la pauvre fille. Son frère Charles, jeune homme fort robuste, qui voulait faire rentrer les vaches, est enlevé au même instant du verger par la trombe et jeté contre les parois de la grange, et disparait également sous les débris du bâtiment dévasté. Heureusement, il s’en sort par miracle avec une légère contusion au pied gauche. Il entend sa sœur qui crie au secours et parvient à la dégager, mais la malheureuse fille a la jambe droite cassée. » (Le Courrier de l’Escaut – 4/06/1892)

    « Orage épouvantable – Plusieurs fermes détruites. On nous écrit de Beirvelde [lire Beervelde], 2 juin : Un orage d’une violence inouïe, accompagné d’une pluie diluvienne, s’est abattu sur notre contrée ainsi que sur les hameaux de Bastelaere [lire Bastelaar], Hoeksken, Hyfte [lire Hijfte], Lichtelaere et Smallen-Herweg [lire Smalle Heerweg]. C’est vers 6 heures du soir que la pluie a commencé à tomber, avec une telle violence qu’en un instant, plusieurs caves étaient inondées. Les champs ressemblaient à de vastes lacs. Au plus fort de l’ouragan, il était alors 7 h ¼, un formidable coup de tonnerre retentit, suivi aussitôt d’une pluie de grêlons de la grosseur d’un œuf de pigeon. Les coups de tonnerre se succédaient sans interruptions, lorsque, tout à coup, on aperçut, dans le lointain, des flammes s’élevant à une très grande hauteur. C’était une ferme située à 5 kilomètres de notre village qui était en feu. La foudre était tombée sur le toit en paille et, en un clin d’œil, celle-ci fut réduite en cendres. On ne put porter secours, la localité ne possédant pas de pompe à incendie. L’eau n’a cessé de tomber que vers 8h ½. Les dégâts sont considérables.

    À Wynendaele, l’orage a été épouvantable. La pluie est tombée aussi sans discontinuer. Là aussi, les champs étaient recouverts d’une nappe d’eau. La foudre est tombée sur une ferme du hameau de Molenaeken [endroit que nous n’avons pas réussi à localiser], qui a été complètement détruite.
    Au hameau de Zuidwyck [endroit que nous n’avons pas réussi à localiser], la pluie qui est tombée pendant plus d’une heure ressemblait à une vraie trombe. La force du vent était telle que des centaines de tuiles ont été enlevées des maisons et projetées à une grande distance. Une petite fille a été atteinte à la tête par une de ces tuiles qui lui a fait une large blessure. Le toit d’une remise a été entièrement enlevé par l’ouragan.

    On signale également que du côté de Vlaagt, Axpoele, Strookot [endroit que nous n’avons pas réussi à localiser] et Zantvleug [endroit que nous n’avons pas réussi à localiser], la pluie est tombée en une si forte quantité que tous les champs sont recouverts d’eau. L’orage qui s’est déchaîné sur ces localités a été épouvantable. Les coups de tonnerre se succédaient sans interruption. Une ferme a été inondée ainsi que deux fournils. Les dégâts causés sont aussi considérables. » (Le Journal de Bruxelles – 4/06/1892)