Le 4 septembre 1871, un violent phénomène venteux frappe la région de Lierre, en province d’Anvers. Les dégâts sont localement très importants, comme le mentionne les extraits suivants :
« On écrit de Lierre, le 5 : la banlieue de notre ville vient d’être frappée d’un désastre épouvantable causé par l’orage et la tempête.
Hier au soir, vers 8 heures, un orage terrible, accompagné d’une véritable trombe, s’est déchainé sur Lierre. Pendant près d’une heure, des éclairs incessants, accompagnés des éclats formidables du tonnerre, faisait trembler le sol et jetaient la terreur dans les familles, en même temps qu’un vent impétueux, accompagné d’une pluie diluvienne, faisant craindre de grands malheurs.
Aussitôt la tourmente passée, chacun vint à sa porte pour apprécier la gravité des dégâts occasionnés pendant cette heure terrible qui avait paru un siècle. L’on vit alors le ciel illuminé par les lueurs d’un formidable incendie allumé par la foudre et qui dévorait une exploitation agricole située à Duffel, exploitée par le fermier Stuyck, qui a vu détruire ses récoltes et son bétail.
L’intérieur de la ville de Lierre a été entièrement préservé et aucun accident n’y a été occasionné par cet ouragan, comme de mémoire d’homme on n’en avait vu de pareil. Mais il n’en a pas été de même de la banlieue, dont une partie a été frappée d’un véritable désastre ; les routes d’Aerschot, de Berlaer et de Turnhout, ainsi que les campagnes de la porte de Mol, ont été cruellement ravagées. C’est surtout sur la route de Berlaer que les dégâts sont incalculables. On s’en fera une faible idée lorsqu’on saura que sur cette route, formant une magnifique drève, pas un arbre n’est resté debout sur une étendue d’environ 1500 mètres ; quelques-uns ont été déracinés, mais pour le plus grand nombre, ils ont été tordus et brisés.
Un grand nombre de maisons ont vu leurs toits avec la charpente emportés et plusieurs bâtiments ont entièrement disparu.
Les communications de Lierre avec plusieurs communes voisines ont été entièrement interceptées par la suite de l’accumulation des débris d’arbres et de maisons. La campagne, prise dans son ensemble, ressemblait à un vaste pays ravagé par l’ennemi. On ne peut s’expliquer comment, dans un semblable cataclysme, on n’ait pas eu de mort d’homme à déplorer. Grâce à Dieu, nous n’avons à regretter que des dégâts matériels immenses, en même temps que la perte d’un certain nombre de têtes de bétail. » (L’Écho du Parlement – 8/09/1871)
« Plusieurs maisons ont été presque totalement démolies. Un moulin à vent a été abattu. Un grand nombre d’habitants ont dû prendre la fuite pour ne pas être ensevelis sous les décombres de leurs habitations. D’autres personnes s’étaient réfugiées dans les caves. Beaucoup d’arbres ont été déracinés et la chaussée de Lierre à Berlaer était jonchée de branches et de troncs.
Une personne, qui a visité les différentes communes, assure que les dégâts peuvent être évalués de 80 à 100.000 fr. » (La Meuse – 8/09/1871).