01/08/1888 – Tuba

Au sein d’une période estivale particulièrement fraîche, avec des températures maximales de 16 à 19°C et des minima tournant autour de 11-12°C et avec des précipitations presque quotidiennes, un tuba a été observé peu avant 18 heures à Messines (près du Mont Kemmel).

Voici un témoignage de cet évènement :

« Nous avions la face tournée vers le sud, ayant devant nous une vallée au fond de laquelle coule un ruisseau, au-delà une colline au haut de laquelle se trouve un château. L’air était d’un calme plat, pas le moindre vent n’agitait le feuillage des arbres, le temps était menaçant et, de tous les côtés, le ciel était chargé de lourds nuages. Un orage se trouvait derrière nous et se dirigeait lentement vers le sud-ouest ; on pouvait compter environ 5 secondes entre l’éclair et le coup. À l’ouest, un orage violent s’avançait dans la direction de l’est en lançant des éclairs très vifs suivis en moins d’une seconde de coups très intenses ; la foudre paraissait tomber chaque fois sur le penchant de la colline en face de nous. Au sud, le ciel était chargé de nuages sombres.

Tornade de MessinesCrédit illustration : M. C. Vestibule

Tout à coup, nous remarquâmes qu’un nuage très noir avait la forme d’un cône renversé ressemblant à un entonnoir dont l’extrémité du tube était émoussée ; il paraissait avoir à la vue 8 mètres de long et descendre jusqu’à 4 mètres du sol. L’extrémité inférieure s’allongeait et descendait parfois jusqu’à 2 mètres (à la vue), puis remontait comme si elle rentrait dans un fourreau, puis redescendait à nouveau avec un mouvement analogue aux frétillements d’une aiguille, sans cependant descendre jusqu’à terre. Elle paraissait d’abord se trouver à 3-4 kilomètres de nous et s’écarter dans la direction du sud-sud-est. À mesure que les nuages se trouvaient sur son passage, ils se mettaient à tournoyer et finissaient par être engloutis dans le tourbillon, dont le volume ne paraissait pas plus grand pour cela.

La forme de la trombe était parfaitement déterminée et tellement régulière qu’on n’apercevait pas son mouvement giratoire ; ce n’est que quand elle rencontrait des nuages que la rotation s’accusait par leur tourbillonnement ; sa couleur était d’un noir si intense que l’on pouvait distinguer sa forme à travers une pluie qui nous empêchait de voir les arbres qui se trouvaient au haut de la colline. »

La trombe a fait peu de dégâts, parce qu’elle n’a pas touché le sol, disait-on à l’époque. Mais elle a fait un bruit infernal, « semblable à celui que fait la vapeur qui s’échappe des pistons d’une machine », comme le décrivait M. D. Stiers, marchand de bois à Messines.

Auteur du témoignage : M. C. Vestibule, greffier de la justice de paix