Aller au contenu

18/06/2002 – Orages sans orages…

    La nuit du 17 au 18 juin 2002 est, en de nombreux endroits de la Belgique, la nuit la plus chaude de tous les temps. À Bierset, par exemple, la température minimale n’est pas descendue en dessous de 24,2°C et, à 8 heures du matin, la température atteignait déjà 26,0°C. Même à Zaventem, pourtant peu habituée aux nuits chaudes, la température n’est pas descendue en dessous de 22,8°C et, à 8 heures du matin, le thermomètre affichait déjà 24,6°C.

    En journée, l’humidité de l’air a été très étonnante : alors que la température atteignait 32-33°C sur une bonne partie du pays, les températures du point de rosée atteignaient 24°C par endroits !

    Quelles belles conditions pour de grands orages ! Et pourtant, non… Juste quelques rares altocumulus et quelques rares cirrus dans le ciel, puis des cumulus qui restent désespérément au stade humilis et qui finissent même par s’étaler en stratocumulus !

    Malgré l’instabilité en altitude, l’inversion couvercle de la « spanish plume » ne parviendra pas à être percée. De beaux orages pourtant, formés en dessous de l’entrée droite d’un jet-streak sur les Îles Britanniques, resteront au-dessus de la Mer du Nord et n’affecteront que peu notre littoral. En dépit de valeurs de CAPE très élevées, la convection à l’intérieur des terres ne parviendra pas à percer la couche de stabilité entre 1 000 et 2 000 mètres d’altitude. Les couches moyennes de l’atmosphère sont tellement chaudes qu’il faut théoriquement 36°C, au niveau du sol, pour déclencher des orages. Et cette valeur sera, certes, approchée, mais pas atteinte. Et la dynamique, cette fois-ci, ne nous viendra pas au secours non plus. Juste quelques averses parviendront à se former sur la ligne de convergence… et un seul orage sur les Ardennes flamandes, un monocellulaire aidé par l’orographie, une tour montant jusqu’à 14 km de hauteur, qui, pourtant, ne donnera rien de particulier.

    Quel beau potentiel, entièrement gaspillé !!!