Un voyage inattendu. On ne peut trouver un meilleur qualificatif pour notre voyage à la Tornado Alley 2025. Déjà, il n’était pas prévu que notre équipe (la même que l’année dernière avec François Riguelle, Samina Verhoeven et Michael Baillie), reparte aussi vite outre-Atlantique. En effet, ce n’est que durant le mois d’avril qu’il a été décidé d’y retourner au vu des prix particulièrement intéressants des billets d’avion.
De plus, la période choisie (26 juin au 12 juillet) diffère de d’habitude car l’objectif de ce voyage était de réaliser une première approche des orages de la mousson américaine, dans le sud-ouest du pays. Il n’était donc pas prévu initialement d’aller dans la Tornado Alley mais la météo en a décidé autrement.
Malgré tout, ce voyage fut une belle réussite, comme nous allons le voir à travers les dates phares de notre séjour, que nous avons choisi de vous faire vivre ci-après, au travers de récits. Pour note, les heures sont en heure locale.
Vendredi 27 juin 2025 : Supercellule en vue
Commençons par le vendredi 27 juin 2025. Effectivement, comment ne pas aborder notre première journée, inattendue à plus d’un titre.
Ainsi, nous nous réveillons avec le chant des oiseaux à Aurora, dans la banlieue de Denver, au Colorado. Puis, en ouvrant les rideaux de notre chambre, on constate qu’il fait encore nuit. Un coup d’œil à l’horloge nous révèle qu’il est 3h30 du matin ! Ainsi, le décalage horaire se fait bien sentir mais, vu que nous sommes à présent réveillés, on en profite pour préparer notre matériel à notre aise, encore emballé et rangé dans les valises. Ensuite, à 6h00, on se déplace au Walmart de la région pour son ouverture, en compagnie des papys et mamys du coin. Après ces quelques courses pour faire le plein de nourriture et de boissons, nous prenons la route.
En effet, notre équipe a décidé de se déplacer vers le nord du pays car un risque orageux significatif y est prévu pour plusieurs jours. Ainsi, nous allons à l’opposé de notre objectif initial, c’est-à-dire l’Arizona.
La frontière entre le Nebraska et le Dakota du Sud fut choisie comme cible pour cette première journée, avec comme point de départ, la région de Valentine, car le SPC (Storm Prediction Center) y a délivré un Slight Risk (2/5). Un risque plus élevé existe plus loin au nord, mais la zone est trop éloignée pour être atteinte à temps. Cela d’autant plus avec ce qu’il va nous arriver…
En effet, la connexion internet nous lâche rapidement sur la route, nous obligeant à nous déplacer de ville en ville pour trouver du Wi-Fi public accessible dans des commerces ou des restaurants, afin de résoudre le problème avec l’opérateur et de consulter par la même occasion l’actualisation des dernières prévisions.
Malheureusement, l’opérateur internet ne parvient pas à nous aider mais nous faisons quand-même le choix de continuer la traque des orages, motivés par cette première journée.
Dès lors, c’est à vue que nous suivons les premiers développements orageux dans le nord du Nebraska. Au début, ces derniers ont du mal à évoluer, toutefois, des cellules intéressantes parviennent finalement à prendre. L’une d’entre elles se renforce juste au-dessus de nous, alors que nous la traversions pour nous positionner à l’avant d’une ligne convective en formation. Ainsi, un rideau de grêle masque d’un coup la visibilité tandis que le bruit des grêlons frappant la voiture se fait entendre. Cela, sans heureusement provoquer trop de dégâts sur le véhicule, mis à part quelques légers renfoncements dans la carrosserie.
Ensuite, l’ensemble évoluant en un système multicellulaire moribond, nous décidons de monter au Dakota du Sud, où une cellule isolée sévit depuis un certain temps dans un ciel dégagé aux alentours. D’ailleurs, les conditions sont si bonnes qu’on la voit parfaitement depuis notre position actuelle.
Mais alors que nous arrivons dessus, elle connaît un renforcement brutal en développant une structure supercellulaire aboutie et une intense activité électrique. Toujours sans connexion internet et donc sans aucune possibilité de consulter les radars et sans pouvoir utiliser le GPS, nous suivons cet orage pour trouver rapidement un point de vue satisfaisant. Nous profitons alors durant un bon moment de cet orage qui génère un pilonnage de foudre, avec parfois plusieurs éclairs par seconde, dont certains déclenchent des incendies.
Après avoir profité du spectacle, une évolution en écho en arc est observée et un système multicellulaire semble se mettre en place, avec une activité électrique toujours intense mais à présent essentiellement intranuageuse. De plus, l’orage qui se déplaçait tranquillement jusqu’ici connaît une accélération et il devient plus compliqué de rester à sa hauteur.
Alors que la nuit commence à tomber, nous traversons l’impressionnante rivière Missouri dans une ambiance dantesque, avec des rafales de vent qui font apparaître des vagues à la surface de l’eau, qui ressemble alors davantage à une mer agitée. Cependant, nous n’avons pas l’occasion d’immortaliser ces événements, car nous devons reprendre de l’avance sur l’orage. Malheureusement, à la nuit tombée, il se dissipe complètement de manière brutale, pour être remplacé par de nouveaux développements convectifs.
Ainsi, nous essayons de trouver un point de vue près de la ville de Platte au moment où une rafale descendante surgit sur l’agglomération. Cependant, la pluie nous fait rapidement partir à la recherche d’un meilleur point d’observation. Finalement, alors que l’ensemble évolue de manière anarchique à présent, nous décidons d’arrêter la traque active pour profiter des ambiances nocturnes à l’arrière du système dans la petite ville de Geddes.
Pour terminer, nous nous arrêtons non loin de là, à Mitchell, toujours au Dakota du Sud, pour prendre une chambre dans un motel vers 1h00 du matin, après une journée compliquée mais parfaitement réussie au vu des conditions. Au total, nous avons roulés par moins de 700 miles, soit plus de 1125 kilomètres pour cette première journée de traque.
Samedi 28 juin 2025 : Tornades à l’horizon
Le lendemain, soit le samedi 28 juin 2025, est sans conteste l’une des journées phares du séjour. Notre équipe se lève vers 8h30 du matin pour se préparer et consulter les dernières mises à jour des prévisions. Ces dernières montrent un risque de tornade particulièrement intéressant au Minnesota et nous sentons déjà que c’est une journée à ne pas rater. D’ailleurs, le SPC a délivré un Slight Risk, avec 5% de chance de tornade, ce qui n’est pas négligeable.
Ainsi, nous nous déplaçons à Ortonville, dans l’ouest du Minnesota, pour attendre le déclenchement de la convection qui s’annonce explosive. Par ailleurs, c’est la première fois que nous passons par cet état qui ressemble fortement aux paysages du centre de la Belgique et plus particulièrement à la Hesbaye.
Autour de 18h00, après un moment d’attente salvateur (soit le premier instant calme depuis notre départ de Belgique, 60h plus tôt) passé à observer les nuages cumuliformes et un écureuil terrestre occupé à ses tâches quotidiennes, des cellules finirent par se former très rapidement dans la région. Et rapidement, deux orages se démarquent en prenant le dessus. Après un bref moment d’hésitation, nous fonçons sur la route pour intercepter celle qui nous semble la plus puissante.
Cependant, malgré la proximité de l’orage, son développement fut tellement explosif qu’une tornade se forma très vite sous son mésocyclone abouti, seulement 20 minutes après la formation de la cellule. Dès lors, nous l’observons depuis la voiture en marche tandis que nous nous en rapprochons progressivement, le tout avec un tourbillon parfaitement visible de loin. De plus, comme il est bien développé, nous voulons nous en rapprocher au plus près. Nous perdons toutefois l’objectif de vue en traversant la petite ville de Clear Lake, au Dakota du Sud, qui nous paraît interminable dans ce moment oppressant.
Cependant, bien que la tornade ait été assez durable, au moment où nous arrivons à une distance respectable, au nord de Clear Lake, elle se dissipe sous nos yeux…
Une grande déception s’empare alors de nous et on se demande si nous n’aurions pas mieux fait de se contenter de l’observer de loin, à l’instar de nombreuses personnes que nous avons croisées sur le chemin. Mais comment le savoir à l’avance ? C’est impossible, et c’est bien tout le dilemme qui se pose dans ce genre de situation.
Toutefois, alors que nous sommes toujours sur place, une nouvelle zone de rotation se développe directement au-dessus de nos têtes et un cône, animé d’une forte rotation, apparaît tout aussi vite. D’ailleurs, un peu plus loin, on observe des soulèvements d’eau sur un lac, ce qui nous prouve qu’un contact temporaire avec le sol est opéré.
Nous suivons alors ce nouveau mésocyclone mais on doit repasser par la ville de Clear Lake, ce qui nous fait perdre à nouveau le contact visuel sur le tourbillon non condensé. Plus loin, nous nous arrêtons à proximité du village de Gary. Cependant, nous ne voyons plus rien de suspect. Toutefois, la structure du courant ascendant est bien aboutie, avec un nuage-mur qui flirte avec la surface des champs, signe d’un renforcement rapide. À cet instant, sans le savoir, une tornade est toujours au sol, mais non condensée.
Ensuite, nous continuons de suivre cet orage qui présente toujours un potentiel très intéressant. Mais nous verrons par après qu’on aurait mieux fait de ne pas bouger… Ainsi, on se replace au nord de Canby, au Minnesota, pour attendre l’arrivée de la cellule. Alors que nous essayons vainement de capturer des images de la foudre autour du mésocyclone, nous remarquons un nouvel abaissement nuageux qui se forme à l’horizon. Peu de temps après, notre mésocyclone se déstructure tandis qu’un cône est visible sous la zone d’ascendance liée à une autre supercellule au loin.
Sans se poser de questions, nous fonçons vers le mésocyclone de cet orage mais, très vite, une tornade apparaît et, cette fois encore, nous l’observons de loin sur la route. Alors que si nous étions restés près de Gary, elle se serait formée directement sous nos yeux…
Pendant que nous nous en rapprochons, on a une vive crainte de revivre la même scène que tout à l’heure, avec une tornade qui se dissipe dès notre arrivée à son pied.
Heureusement, cette dernière sera bien plus durable, et nous trouvons un point de vue situé le plus proche possible du phénomène pour l’observer efficacement. En compagnie de nombreux autres traqueurs, nous vivons alors un magnifique moment durant lequel, pendant 20 minutes, nous observons la tornade depuis le même point de vue, car son déplacement est très lent voire presque inexistant durant certaines phases.

Depuis notre point de vue plongeant, on observe le tourbillon traverser la route principale devant un cortège de véhicules, provoquant un power flash et projetant de nombreuses branches et cimes d’arbres dans les airs.
Ainsi, même si nous avons raté les dix premières minutes de sa vie, nous profitons pleinement du spectacle de cette tornade qui change plusieurs fois de physionomie. Et quelle chance de pouvoir assister à un tel évènement, car il s’agit de l’une des tornades de l’année ; ce qui était d’autant plus imprévu, vu que notre séjour ne visait absolument pas une telle interception à la base.
Seule ombre au tableau, cette tornade classée EF3, à la limite EF4, passe sur une maison qui est complètement détruite. On ne l’apprendra que plus tard car, sur le moment, nous n’avons vu que de gros débris qui tournoyaient d’un coup autour du vortex, sans connaître leur origine.
Finalement, alors que le tourbillon avait tendance à se rapprocher de notre position, il s’éloigne en s’élargissant tandis que la luminosité baisse avec l’arrivée de la nuit. Ensuite, il devient de plus en plus effilé, pour terminer par se dissiper complètement.
Néanmoins, un nouveau nuage-mur se met immédiatement en place à proximité, en devenant très imposant et menaçant en quelques minutes seulement. Nous nous en rapprochons car nous sentons que la survenue d’une nouvelle tornade est imminente. Mais rien d’autre ne se passe tandis que la nuit tombe complètement. Malgré tout, nous suivons la supercellule, qui semble garder un potentiel tornadique certain, jusqu’à Canby. Cela se faisant dans une circulation dense à cause d’une convergence en masse des traqueurs d’orages sur cette cellule.
Cependant, un système multicellulaire se forme rapidement et met un terme à nos espérances. Nous prenons alors de l’avance sur l’imposant arcus qui se développe.
Mais cela ne se passe pas comme prévu car, une fois positionnés, le déplacement du système s’arrête d’un coup. On profite un moment de l’ambiance électrique près d’un cimetière ainsi que dans une petite ville, avant de nous repositionner plusieurs fois pour essayer d’avoir une cellule jeune et vigoureuse, car certaines se développent à l’avant du système.
Pour finir, on fera encore une tentative avortée à Pipestone, car les éléments restent contenus en dessous de l’orage et c’est donc une déception. Enfin, nous prenons un hôtel à Sioux Falls vers 3h00 du matin, non sans mal, car tous les motels sont déjà complets dans la région.
Dès lors, nous avons trouvé une chambre dans l’hôtel de l’aéroport. Et, surprise, dès notre arrivée, on observe un arcus qui s’approche dans le ciel. Tout en déchargeant nos bagages, on se prépare à faire des photos depuis la fenêtre de la chambre, car elle donne directement sur la piste de l’aéroport. Toutefois, alors que nous sommes prêts, on remarque que, bizarrement, l’activité électrique éclaire les avions depuis la mauvaise direction. Et un coup d’œil au radar nous révèle que la ligne multicellulaire, qui est passée rapidement sur notre position, a eu une faiblesse juste à notre niveau, celle-ci s’étant brusquement refermée derrière via un développement convectif intense. Face à cette nouvelle déconvenue, on abandonne nos appareils pour nos oreillers. Au total, nous avons parcouru 460 miles durant cette journée, soit 740 kilomètres.
Mercredi 2 juillet 2025 : mur de poussière
Quelques jours plus tard, venons-en au mercredi 2 juillet 2025. Nous nous réveillons à Phoenix, en Arizona. Car, oui, c’était l’objectif du voyage de se rendre dans cet état, il faut le rappeler. Cependant, le réveil à 8h00 du matin ne fut pas de tout repos, car nous apprenons que de forts orages concernent la Belgique, avec des inondations à la clef. C’est ainsi que la journée démarre par l’organisation de l’entraide pour le nettoyage de nos maisons depuis l’autre côté de l’Atlantique.
Ensuite, nous nous rendons près de Tucson, dans le sud de l’Arizona, où doivent s’initier des orages intéressants. Par chance, ces derniers ne sont prévus que dans la seconde moitié de l’après-midi, ce qui nous laisse le temps de nous déplacer jusqu’à la zone à risque.
Ainsi, une fois sur place, nous visitons le parc national de Saguaro, avec ses cactus emblématiques. Mais la chaleur y est accablante, avec les thermomètres qui affichent 110°F, soit 43,5°C. Un ranger, que nous rencontrons dans le visitor center, nous explique que ces températures ne sont pas si courantes dans la région et sont difficilement supportables. Le travail en extérieur s’arrête d’ailleurs vers 9-10 heures du matin, en le commençant très tôt.
Par après, nous remarquons que la convection devient intéressante et nous reprenons donc la route pour nous repositionner à l’avant des développements convectifs, près de la frontière Mexicaine. En effet, pour cette journée, il est modélisé que les orages forment rapidement un système multicellulaire venteux. Dès lors, nous avons identifié un risque important de formation d’un haboob, à savoir une tempête de poussière créée par les courants descendants des orages. C’est donc l’occasion idéale d’essayer d’observer ce phénomène car les tendances pour les jours prochains ne sont pas bonnes dans la région, avec un risque orageux trop ténu.
Une fois positionnés sur un point de vue, face à une vaste plaine aride du désert de Sonora, à proximité de la petite localité de Three Points, un orage se forme rapidement et se déplace dans notre direction. À cet instant, nous espérons prendre des photos de la foudre mais, comme la journée précédente (nous sommes en effet arrivés en Arizona la veille, avec des orages décevants), elle se fait très rare et trop lointaine. L’orage ne se montre d’ailleurs pas très intéressant visuellement, malgré la présence de quelques soulèvements de poussière. On se pose alors la question sur notre niveau d’exigence parce qu’un traqueur américain, stationné à nos côtés, n’est pas du même avis. En effet, il s’extasie devant cet orage que nous ne qualifions que de « quelconque ». Rapidement, cette personne s’en va à la suite d’un coup de foudre inattendu qui frappe le sol à quelques centaines de mètres de notre position. L’unique de cet orage, que nous avons tous raté, évidemment, sauf peut-être en prise de vue vidéo.
Ainsi, comme nous avions prévu que la formation d’un haboob est possible, nous nous déplaçons également pour rester à l’avant de l’axe orageux naissant afin de lui laisser le temps de se structurer. Toutefois, alors que nous cherchons un point de vue près de la ville de Topawa, la police frontalière (border patrol) décide de nous intercepter pour procéder à un contrôle, car le Mexique se trouve à proximité et il n’est pas courant de voir une voiture immatriculée au Colorado circuler dans la région. Ainsi, pendant environ 20 minutes, nous sommes interrogés et nos passeports sont longuement vérifiés tandis que notre impatience monte. En effet, du coin de l’œil, nous voyons l’orage se rapprocher et ce dernier commence à soulever beaucoup de poussière dans l’atmosphère. Visiblement, ce que nous espérions est réellement en train de se développer.
Par chance, le système orageux avance assez lentement, ce qui nous laisse, de justesse, le temps de rester devant l’orage pour se positionner en vue de capturer des images du haboob naissant près de Maish Vaya. Cependant, ce premier arrêt est trop rapide et comme le paysage est assez vallonné dans cette région, nous décidons de prendre davantage d’avance pour trouver un meilleur endroit. Mais, au même moment, l’orage décide d’accélérer dans son déplacement tout en suivant la seule route existante vers l’ouest.
Plus loin, dès que nous estimons avoir quelques minutes d’avance, nous nous arrêtons pour faire face à un véritable mur de poussière. Après quelques photos et images vidéos, nous fonçons à nouveau sur la route, talonnés par cette impressionnante manifestation orageuse. Nous renouvelons plusieurs fois cette expérience jusqu’à la ville de Why, à chaque fois à la limite de se faire avaler par l’orage, avant de décider de se laisser submerger dans la ville minière d’Ajo, car la route bifurque ensuite en s’éloignant de la trajectoire du système.
La luminosité baisse alors d’un coup tandis que les rafales de vent balayent les rues, obscurcies d’une couleur ocre à cause des poussières qui réduisent, par la même occasion, la visibilité. La respiration devient également compliquée avec toutes ces particules en suspension dans l’air alors que les grains de poussière croquent sous les dents.
Par après, le coucher du soleil se manifeste, alors que de nouveaux foyers orageux se développent, mais ces derniers sont tout aussi avares en foudre. Nous suivons toutefois ces derniers à la nuit tombée et, après un arrêt involontaire devant une prison, nous trouvons un point de vue plus adapté qui surplombe la ville de Phoenix.
Nous profitons alors de la soirée en essayant encore de faire des images de la foudre, mais elle ne se montre qu’à de rares occasions. Ainsi, après que les éléments se soient calmés, nous traversons l’impressionnante agglomération pour rentrer à notre motel vers minuit.
Quelques dégâts dus aux fortes pluies et au vent furent observés en ville, avec notamment un camion renversé, des branches brisées et des coupures d’électricité, mais rien d’exceptionnel.
Durant cette journée, nous avons roulé 390 miles, soit près de 630 kilomètres.
Vendredi 4 juillet 2025 : plein la vue
Deux jours plus tard, abordons le vendredi 4 juillet 2025. En ce jour de fête aux États-Unis avec l’Independance Day, nous allons pour une fois ne pas parler d’orages, puisque ce sera une journée dédiée au tourisme. En effet, cela fait aussi partie des moments marquants d’un voyage à la Tornado Alley (même si nous n’y sommes géographiquement pas). Mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une journée reposante, bien au contraire. Ainsi, nous nous réveillons à 4h00 du matin, dans notre motel de Page, à l’extrême nord de l’Arizona.
Nous avons décidé de profiter du lever de soleil sur le Glen Canyon, situé à proximité. Mais nous remarquons directement que la luminosité est déjà anormalement forte à l’extérieur. Alors que nous pensions nous réveiller suffisamment tôt, nous devons nous dépêcher pour arriver juste à temps pour voir le soleil apparaître. La faute aux multiples changements d’heures que nous subissons régulièrement en passant d’un état à l’autre.
Ainsi, malgré une certaine fatigue, nous passons un très bon moment à regarder la lumière de notre astre descendre de plus en plus le long des falaises rougies du canyon, pour finir par faire étinceler l’eau dans le fond.
Par après, nous revenons à notre motel pour reprendre nos bagages laissés à la hâte, avant de prendre la route en direction du Colorado. En effet, comme les prévisions ne sont pas très encourageantes pour les orages de la mousson, nous avons choisi de rejoindre à nouveau la Tornado Alley, où les tendances sont meilleures, notamment au Montana pour le lendemain, soit à l’autre bout du pays.
Ainsi, sur le trajet, nous choisissons de faire des arrêts dans des endroits emblématiques afin de faire des visites touristiques.
Nous faisons un premier arrêt à la frontière de l’Arizona et de l’Utah, afin d’admirer l’impressionnante Monument Valley National Park et ses célèbres cathédrales rocheuses. Nous faisons le tour du parc en voiture, à travers une piste pas vraiment adaptée à des véhicules qui ne sont pas tout-terrain. Mais cela en vaut la peine pour admirer au mieux ces majestueux paysages.
Après cette visite où nous en avons pris plein la vue, nous reprenons notre trajet à travers l’Utah. Nous passons d’abord sur la Forest Gump Hill, le lieu où une des plus célèbres scènes du film qui porte le même nom a été tournée, film visiblement toujours aussi populaire auprès des américains au vu du nombre de touristes que nous y croisons.
Par après, nous traversons des paysages arides mais magnifiques dans des régions très reculées, où nous ne voyons quasiment aucune ville, pour finalement nous rendre dans l’Arches National Park.
Nous suivons une route, cette fois en bien meilleure état, pour visiter ce parc tout aussi beau avec ses autres formations rocheuses spectaculaires et ses vues sur des vastes plaines. Avec la tombée du jour, nous décidons de rester pour immortaliser le coucher du soleil. Une fois encore, nous passons un très bon moment à regarder la lumière remonter de plus en plus le long des parois rocheuses, pour finir par disparaître à cause de nuages présents loin à l’horizon. De plus, une cellule orageuse s’est développée entre-temps et elle aussi a pris des couleurs particulièrement vive durant la descente du soleil couchant, le tout offrant un tableau extraordinaire sur ce paysage où même la lune était au rendez-vous.
Enfin, à la nuit tombée, nous reprenons notre trajet pour arriver vers minuit à Grand Junction, au Colorado, pendant que des feux d’artifice sont encore tirés pour la fête nationale. Après, nous prenons un repas salvateur dans un Arby’s, puisque nous n’avons pas encore pris le temps de manger durant cette journée. Finalement, nous rejoignons une chambre dans un motel à 1h00 du matin, bien fatigués par cette journée, mais heureux d’avoir pu profiter autant de tous ces beaux moments ensemble. Au total, nous avons parcourus 465 miles durant cette journée, soit près de 750 kilomètres.
Samedi 5 juillet 2025 : vaisseau mère en approche
Le lendemain, soit le samedi 5 juillet 2025, est encore une journée inattendue, à plus d’un titre.
Malgré la longue journée de la veille, notre équipe doit se lever de bonne heure afin de parcourir les 10 heures de route encore nécessaires pour atteindre la zone à risque située à la frontière entre le Wyoming et le Montana, où le SPC a d’ailleurs délivré un Enhanced Risk (3/5) pour de fortes rafales de vent et une probabilité de tornade de 2%.
Ainsi, nous nous réveillons à 6h30 du matin pour démarrer au plus vite en direction de notre objectif. Nous passons d’abord à travers les Rocheuses avant de traverser tout le Wyoming pendant notre trajet en direction du nord.
En suivant notre GPS, nous empruntons des routes qui passent par des régions très isolées, où le temps ne semble pas avoir eu d’emprise sur les quelques bourgades rurales que nous traversons. Sauf qu’à mesure que le temps avance, nous ne voyons aucune station-service et les personnes que nous croisons voyagent avec des jerricans. Au début, alors que notre réservoir est encore à moitié plein, nous n’y prêtons pas vraiment attention. Mais la situation devient de plus en plus inquiétante lorsque la réserve se rapproche. Finalement, nous voyons que la prochaine ville se situe à quelques dizaines de miles, mais c’est aussi ce qu’il nous reste en autonomie. On se voit dès lors obligés d’économiser le carburant au maximum, profitant notamment au mieux du relief de la route pour ce faire, le tout en espérant qu’il y ait bien une pompe à essence dans cette ville car, dans ces régions reculées, nous n’avons pas de connexion internet pour le vérifier.
Enfin, nous arrivons à Gillette quand la voiture ne veut même plus accélérer dans les montées. Par chance, nous tombons directement sur une station-service mais cette mésaventure nous a quand-même valu une frayeur, puisque la panne d’essence était vraiment très proche.
Ensuite, un coup d’œil aux radars nous montre que la situation orageuse a changé et qu’un système multicellulaire est en train de se former au Montana. On décide alors de se positionner à Alzada, au Montana, pour laisser le temps au système multicellulaire existant de se structurer, plutôt que de remonter directement à sa rencontre.
Cependant, nous perdons immédiatement la connexion internet à l’approche de la frontière de l’état et les dernières images montrent un système orageux qui a du mal à évoluer. D’ailleurs, nous remarquons que les enclumes qui s’approchent de notre position sont fibreuses et pas très engageantes. Nous décidons toutefois de rester sur place et d’attendre ce qui se présentera, à défaut d’une autre possibilité. Et nous n’allons pas être déçus…
En effet, nous ne remarquons pas immédiatement que le système connaît une brusque intensification peu avant de nous atteindre. Ainsi, alors que l’on ne s’attendait pas à grand-chose, un système hybride se présente (supercellule HP/multicellulaire de type LEWP) avec un arcus qui se forme littéralement sous nos yeux, tandis qu’une puissante activité électrique se met en place également.
Rapidement, la structure commence à ressembler de plus en plus à un mésocyclone très développé qui avance à une vitesse contenue directement vers nous. D’ailleurs, nous ne savons plus vraiment où donner de la tête face à cette structure dantesque et nous courons à travers les hautes herbes et les cactus pour avoir la meilleure vue possible sur l’orage, au fit de tous les risques encourus par rapport à celui-ci.
Alors que l’orage est en passe de nous engloutir, nous voyons un papy qui passe sur la route en tondeuse, alors qu’un autre se gare en caddie de golf près de nous. Nous nous disons que cela va dégommer, car c’est souvent ce genre de personnes qui se retrouvent aux meilleurs endroits, totalement par hasard. À cet instant, nous nous réfugions dans un hangar ouvert à l’arrière d’un saloon pour capturer des images du passage de cet orage.
Nous sommes clairement à ce moment dans l’encoche de l’inflow (flux entrant) du système, avec des bases nuageuses rasant le sol et animées de fortes rotations autour de notre position. D’ailleurs, nous assistons presque à la formation d’une tornade avec un cône qui passe à proximité immédiate de notre position, bien qu’aucun contact avec le sol n’ait été observé. Néanmoins, juste après, de fortes rafales de vent d’environ 120 km/h, accompagnées d’intenses précipitations, nous tombent dessus. Nous filmons difficilement ces rafales descendantes vu que la pluie avance horizontalement, ne nous offrant aucune possibilité de s’abriter. Ainsi, nous nous retrouvons presque instantanément trempés jusqu’aux os. De plus, nous ne sommes pas rassurés par les bruits de tôle du hangar qui grincent autour de nous. D’ailleurs, un grand panneau en bois se détache et vient s’écraser juste à côté de notre voiture, qui s’en sort miraculeusement indemne.
Après quelques minutes, les éléments se calment et nous reprenons la voiture pour suivre le système qui fonce sur la ville de Belle Fourche, au Dakota du Sud. Cependant, aucun dommage n’est visible dans son sillage, ce qui nous prouve que nous avons eu le système orageux au meilleur moment, à l’instant où il était le plus vigoureux. Et dire que nous avons failli tout rater à cause d’une potentielle panne d’essence…
Par la suite, nous assistons à un magnifique coucher de soleil à l’arrière du système orageux aux environs de Spearfish, au Dakota du Sud. Un arc-en-ciel et une activité électrique notable sont notamment observés juste avant la tombée de la nuit. Cela étant, nous décidons de manger quelque chose, puisque nous n’avons pas encore eu l’occasion de prendre des forces depuis la veille. Ainsi, nous mangeons un Taco Bell dans la voiture, tout en regardant par les fenêtres, l’activité électrique induite par de nouvelles cellules.
Une fois notre repas terminé, nous faisons la route jusqu’à Rapid City, où nous trouvons un point de vue sur la ville pour essayer de capturer des images de la foudre sous d’autres cellules. Cependant, la police arrive assez rapidement et nous explique qu’il est, en réalité, interdit d’accéder à ce lieu durant la nuit à cause des problèmes de criminalité. Toutefois, en expliquant les raisons de notre présence, on nous autorise à rester tout en restant vigilant.

Dès lors, nous profitons un peu de l’éloignement progressif des orages pour faire des images, mais, comme ceux-ci se montrent assez décevants, nous prenons assez vite un motel en ville vers 2h00 du matin, après une nouvelle journée fatigante, mais réussie. Toutefois, deux heures plus tard, nous sommes encore réveillés par de nouveaux orages, cette fois bien plus actifs que précédemment, avec de puissants coups de foudre qui font trembler tout le bâtiment. Mais la fatigue accumulée est alors trop grande pour ressortir du lit. Surtout que durant cette journée, nous avons parcouru 785 miles, soit 1263 kilomètres.
Lundi 7 juillet 2025 : point de vue de luxe
À présent, avançons un peu dans le temps pour arriver au lundi 7 juillet 2025.
Pour cette nouvelle journée, nous nous réveillons à 8h30 du matin, pour une fois en forme car nous venons de connaître notre première vraie nuit de sommeil depuis notre arrivée sur le sol américain. En effet, la veille, la traque s’est terminée plus tôt que d’habitude, de sorte qu’à 22h30, nous étions au motel.
En ce jour, les prévisions nous renseignent sur un risque d’orage multicellulaire avec une tendance fortement venteuse à la frontière nord-est du Colorado. Le SPC a d’ailleurs émis un Enhanced Risk (3/5) avec un risque de tornade de 5%. Cependant, ce dernier ne nous paraît pas aussi intéressant qu’escompté. Ainsi, nous ciblons la ville de Wray, dans le nord-est du Colorado, pour attendre la formation d’un système multicellulaire venteux.
Tout d’abord, comme nous sommes déjà à proximité de la zone, puisque nous avons logé à Burlington, au Colorado, nous avons le temps d’attendre le déclenchement de la convection sur place. Ainsi, nous profitons de quelques heures reposantes dans le parc de Wray, en déambulant sur le chemin de promenade qui longe la rivière locale, mais sous une chaleur suffocante.
Ensuite, alors que les premiers nuages cumuliformes apparaissent, nous nous plaçons sur un point de vue surplombant la ville, en observant les orages qui se développent progressivement à notre ouest. C’est alors que, brusquement, une supercellule se forme en face de notre position tout en aspirant littéralement les développements convectifs aux alentours et ce, en donnant de nombreux coups de foudre. À cet instant, nous décidons de faire confiance aux modèles de prévision et nous restons sur place car l’orage arrive de toute façon dans notre direction.
Rapidement, un cône tornadique est visible sous la base de la supercellule, mais la pluie masque la visibilité tel un rideau qui met fin au spectacle. Les sirènes d’alerte se déclenchent alors presque instantanément dans la ville et les services de secours sortent pour se préparer à intervenir, en nous offrant une ambiance digne d’un film. Pendant ce moment, quelques habitants viennent aussi nous rejoindre sur notre point de vue afin d’observer ce qu’il se passe.
Ensuite, toujours depuis notre position, nous observons de nouveaux développements convectifs qui se greffent à la supercellule, parasitant assez vite celle-ci en formant une ligne multicellulaire engendrant des coups de foudre qui se font plus en plus proches. Mais nous allons cumuler les malchances, de sorte que nous ne réussissons pas à capturer la foudre en photos, à cause de mauvais réglages, de batteries faibles et avec la foudre elle-même tombant souvent juste derrière des pylônes, des bâtiments ou des arbres… Une véritable galerie de photos ratées qui nous feront attraper des fous rires à notre retour, tellement c’est absurde d’avoir autant de malchance.
En même temps, alors que le déplacement du système était assez lent jusqu’ici, il accélère nettement. Et, rapidement, l’orage arrive sur notre position. Ce dernier se manifeste d’abord par un puissant front de rafales qui nous empêche même de rester debout sous la violence du vent. D’ailleurs, des rafales de 120 km/h sont mesurées en ville. De plus, un coup de foudre frappe vraiment trop proche de notre position, nous forçant à rentrer s’abriter dans la voiture.

Par après, nous nous repositionnons dans la ville pour le passage du noyau principal de l’orage mais les phénomènes restent beaucoup plus contenus et, qui plus est, le système s’effondre très vite en s’éloignant.
Pour terminer, nous faisons un tour dans la ville où de nombreuses branches et des arbres sont brisés à cause du front de rafales, pour ensuite reprendre la route en direction de Yuma où la tornade a été précédemment observée. Mis à part quelques poteaux et une ligne électrique jetés à terre en dehors de l’agglomération, aucun dommage récent n’est visible.
On parle bien de dommages récents car, dans cette dernière ville, de nombreux dégâts dus à de la grêle sont encore visibles. Et nous les connaissons bien, car ce sont ces derniers que nous avons immortalisés lors de notre précédent voyage en 2024. Il est donc impressionnant de voir que, plus d’un an après, les dommages sont encore visibles sur les arbres, les véhicules et certaines habitations.
Enfin, alors que nous prenons un repas à Sterling, une fois la nuit tombée, nous remarquons qu’une supercellule isolée sévit à proximité en étant certainement de type LP au vu des images radar. Dès lors, la traque reprend et nous interceptons rapidement l’orage au sud de Fort Morgan. Toutefois, l’activité électrique reste presque exclusivement intranuageuse et la structure de la cellule devient de moins en moins intéressante au fur et à mesure de son arrivée à notre hauteur. Pas besoin de regarder les radars (que nous n’avons de toute façon pas, car il n’y a pas de connexion internet) pour se rendre compte que la cellule se dissipe progressivement. Malgré cette déception, notre journée reste parfaitement réussie, avec cette traque passée sur la même position à observer le déroulement des évènements sous nos yeux. Et que cela fait du bien de ne pas devoir courir après les orages, pour une fois. Ce sont des instants qui nous permettent de profiter un maximum, sans devoir subir le stress de la route. Pour ces raisons, cette journée restera l’une des plus marquantes de notre séjour.
Pour terminer, nous nous dirigeons vers Ogallala, au Nebraska, pour rejoindre une chambre de motel à 2h00 du matin. Et bien entendu, pour ne pas changer, notre chambre est la plus éloignée de l’entrée alors que nous ne rêvons que d’une chose : être le plus rapidement possible dans notre lit. Finalement, nous avons malgré tout parcouru 365 miles durant cette journée, soit près de 590 kilomètres.
Conclusion
Nous voici à la fin de cette rétrospective. Ainsi, comme nous venons de le voir, ce voyage fut surprenant à plus d’un titre. Au final, nous n’avons passé que 3 jours en Arizona, avec des orages qui n’ont pas été à la hauteur de nos espérances au niveau électrique. Néanmoins, la découverte de cet état et de ses paysages en valait certainement la peine. De plus, nous avons eu la chance de pouvoir observer un haboob, si typique de ces régions désertiques. Alors que dire des événements auxquels nous avons assisté dans la Tornado Alley… Il n’est donc pas possible de se plaindre après de telles journées, malgré tous les déboires que nous avons pu rencontrer durant ce séjour car oui, tous les moments ne furent pas forcément agréables. François et ensuite Samina sont notamment tombés malade pendant plusieurs jours à cause de la climatisation, partout utilisée de façon abusive aux Etats-Unis.

Enfin, nous avons profité au maximum de ce voyage, en parcourant pas moins de 10 états et 7180 miles, soit 11.555 kilomètres en 14 jours seulement. Le tout en découvrant des paysages aussi riches que variés : les plaines agricoles du Minnesota (nous rappelant le centre de la Belgique), les montagnes rocheuses du Colorado, les vastes prairies verdoyantes du Nebraska, le désert surchauffé de l’Arizona ou encore les grands espaces arides et reculés du Wyoming et de l’Utah. Ainsi, un voyage aux Etats-Unis, c’est également un dépaysement total.
Nous avons choisi de revenir avec vous sur 6 dates marquantes car il fallait bien faire un choix. Mais, en réalité, beaucoup d’autres moments resteront dans nos mémoires comme, par exemple, s’être fait surprendre par des orages dans le Grand Canyon le 3 juillet, avoir profité de la convection élevée au coucher du soleil au-dessus du parc national des Badlands le 8 juillet, ou encore avoir observé les belles structures du 10 juillet, lors de notre dernière journée de traque. Vous pouvez d’ailleurs retrouver des photos de ces autres moments inoubliables dans la galerie dédiée au voyage, que nous vous invitons à consulter pour poursuivre ce moment immersif.






































